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Réserve naturelle depuis 2008, le site de Condette vaut le détour. Pour son lac, le bien nommé depuis qu'il s'est débarrassé des peupliers -"non indigènes"- qui campaient là. Et pour l'ensemble de son oeuvre. C'est que le site tient de la leçon de choses. Quelques heures de flânerie le long de son circuit, aménagé en sept stations pédagogiques, y font toucher du doigt -mais surtout du regard- la complexité et la variété d'une zone humide, ces territoires aussi méconnus qu'indispensables (3 % des surfaces hexagonales, mais lieu de vie de 30 % de nos espèces végétales).
D'autant qu'ici la leçon, grandeur nature, ne laisse personne sur le bas-côté. La réserve est à même d'accueillir tous les publics, visiteurs en fauteuil roulant et malvoyants compris. Héritier de l'expérience pionnière menée par son grand frère, le marais de Romelaëre (huit mois de chantiers pour réaliser 2 kilomètres de sentiers praticables par tous), Condette fait rimer biodiversité et solidarité. Hier gageure, la démarche est devenue leitmotiv et se décline sous tous les reliefs.
A Clairmarais, la halte fluviale proposée par Isnor intègre un Mainaleau, sorte de pédalo avec flotteurs à même d'accueillir un fauteuil de handicapé et de glisser sur l'eau sous l'action de deux roues à aube.
En Maurienne, dans le parc de la Vanoise, le vallon de l'Orgère et sa forêt de pins cembros ont ainsi adapté leurs offres de balade aux déficients visuels. Une randonnée à la journée, modulable selon les aptitudes, où il est fait appel à l'auditif -pour distinguer le chant du roitelet, celui de la mésange et celui du bouvreuil- sans oublier le tactile, ces écorces et ces épines qui différencient l'épicéa du mélèze et du pin. L'aboutissement d'un savoir-faire patiemment construit depuis trois ans du côté de la Tarentaise, où, en association avec la GMF, le parc national propose aussi, à destination des handicapés moteurs, une randonnée balade de 2 kilomètres à faible dénivelé et aux courbes de niveau retravaillées du côté du lac de la Sassière. |